Green Europe

2012smartgridsLa consommation énergétique est au centre de toutes les attentions partout dans le monde. C’est simple : plus on avance dans le temps plus on consomme ; et plus on consomme plus l’impact de la société sur la planète est important et néfaste. Alors à défaut de pouvoir stopper net toute consommation électrique, ce qui est impossible en plus d’être une catastrophe pour notre civilisation, le mieux que l’on puisse faire c’est de consommer de manière plus intelligente. C’est le principe qui est derrière le concept de smart grid, les réseaux intelligents ; et ce n’est pas pour rien que l’Europe investit énormément dans ces réseaux.

Miguel Arias Cañete, commissaire européen pour le Climat et l’Energie le sait : les réseaux intelligents sont nécessaires pour faire face aux nouveaux enjeux énergétiques et, surtout, à l’avènement du renouvelable en Europe. Car le renouvelable, s’il est bon pour la planète, présente un problème de taille : l’énergie produite ne peut pas être constante. L’éolien a besoin de vent, le solaire de soleil, etc.

Si la production énergétique ne peut être constante alors il faut la gérer au mieux. Surtout que l’objectif de l’Europe est de consommer 50 % de son énergie en provenance de source renouvelable à l’horizon de 2030. Les projets smart grids sont donc l’avenir : pour Cañete « les smart grids devraient devenir le gaz de schiste de l’Europe ». Pourtant, cela ne se fera pas sans problèmes. Il va notamment falloir, selon le Commissaire européen, quelques 400 milliards d’euros de financements et investissements divers.

En attendant que l’Europe entière soit un seul et unique réseau intelligent, les projets vont bon train, qu’ils soient pragmatiques, théoriques ou réglementaires. Car sans réglementation et standards divers, difficile pour les réseaux intelligents de s’implanter durablement dans le panorama énergétique.

Ainsi lors du CeBIT 2015, 31 villes d’Europe et du Brésil ont annoncé la création de l’OASC (Open & Agile Smart Cities) qui soutiendra les start-ups visant à créer des services intelligents, que ce soit au niveau des réseaux énergétiques ou autres.

En France, on est plus pragmatique et on s’est lancé dans un projet plus ambitieux : Linky. Le compteur intelligent devrait atterrir dans 35 millions de foyers en France à l’horizon de fin 2015 et permettre de mieux gérer la consommation des ménages et les pics de demande énergétique qui sont la hantise des compagnies énergétiques.

Plus localement, toujours dans l’Hexagone, ce sont les villes qui s’organisent : à Nice le projet de quartier “Nice Grid” devrait être le premier quartier solaire d’Europe avec une gestion intelligente de la production, du stockage et de la distribution de l’énergie produite par le soleil. A Toulouse c’est ERDF qui se lance dans le projet SoGrid, un système de contrôle à distance par réseau CPL de l’infrastructure des ménages. Toujours dans le but de gérer au mieux les demandes et les disponibilités d’énergie pour ne pas risquer la panne.

Mais tous ces projets prennent du temps et si la France avance bien, d’autres pays européens ont un peu plus de mal. C’est le cas du Royaume-Uni qui s’est lancé lui aussi dans le déploiement de compteurs intelligents pour mieux gérer la consommation électrique. Le gouvernement britannique espère équiper 30 millions de foyers et d’entreprises en moins de 5 ans. Un objectif difficilement tenable malgré les 15 milliards d’euros investis (et qui devrait rapporter 23,6 milliards d’euros d’économies). Selon un rapport du ministère de l’Energie britannique le projet risque fort de prendre du retard à cause d’un problème de planification issu surtout de la liberté qu’ont laissé les gouvernements britanniques précédents aux énergéticiens du pays.

Mais même s’il prend du retard, difficile d’imaginer le gouvernement britannique abandonner le projet. Les smart grids peuvent en effet réduire jusqu’à 30 % la demande de production énergétique tout simplement en gérant mieux la production actuelle et les disponibilités énergétiques. Sans compter les économies que ces réseaux intelligents permettent à tous les niveaux, de la simple facture d’un foyer aux dépenses d’un Etat en passant par les entreprises.

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