Green Europe

Après le grand chambardement ministériel, les professionnels de l’énergie peuvent souffler. Ségolène Royal, dont l’omniprésence a été particulièrement appréciée depuis son entrée en fonction par les professionnels de l’énergie, reste ministre de l’Écologie. Mais ils ne devraient pas être les seuls à se réjouir. De celle qui porte la loi sur la transition énergétique dépend aussi l’avenir économique du pays, le secteur des énergies renouvelables étant susceptible de créer des emplois par centaine de milliers.

« Nous sommes satisfaits du projet actuel et rassurés que Ségolène Royal continue à le porter » a fait savoir, visiblement soulagé, Frédéric Lanoë, Président de France Energie Éolienne (FEE), syndicat professionnel de l’éolien. Le syndicat des énergies renouvelables (SER) n’est pas moins enthousiaste. Ainsi, « le calendrier parlementaire, notamment celui de la loi de transition énergétique, et les grandes orientations qui doivent guider l’avenir des énergies renouvelables devraient être confirmés et l’action en leur faveur poursuivie » a fait savoir le SER.

France Énergie éolienne a également rappelé « la nécessité de faire de la transition énergétique et de la croissance verte deux priorités du nouveau gouvernement », et en a profité pour renouveler sa proposition de pacte industriel pour favoriser l’emploi. L’éolien constitue en effet une voie de réindustrialisation encore sous-exploitée et toutes les parties prenantes de la dynamique énergétique, les industriels et le Gouvernement ont intérêt à orienter ensemble leurs efforts vers la recherche, l’innovation, l’investissement et l’emploi.

L’éolien et les énergies renouvelables : un vivier d’emploi

Et pour cause, le secteur énergétique est le 3e secteur industriel français en termes d’emplois directs après l’automobile et l’aéronautique. Face aux derniers chiffres du chômage tombés le 27 août, il devient urgent de passer de l’intention à l’action. Après huit mois de hausse consécutifs, les chiffres dévoilés par Pôle emploi continuent de surprendre : si la hausse était de 0,3 % en juin, elle est de 0,8 % en juillet 2014.

Rien qu’EDF emploie 100 000 salariés en France et aura in fine recruté 6000 personnes en France fin 2014. Outre la production et l’ingénierie, le recrutement concerne aussi les nouveaux métiers liés aux énergies renouvelables, sachant que l’électricien est premier Européen des ENR et que les énergies renouvelables font partie intégrante de sa stratégie de développement. À titre d’exemple, en France, les 5 unités de production hydraulique et les 2 unités d’ingénierie emploient 4700 collaboratrices et collaborateurs qui assurent la gestion de 439 centrales hydrauliques.

La transition énergétique peut compter sur EDF a fait comprendre Henri Proglio

L’entreprise a déjà fait part de son soutien à la transition énergétique par la voix de son PDG. Si Henri Proglio n’a pas explicitement commenté le remaniement ministériel, il a en revanche salué le texte au moment de sa présentation en Conseil des ministres, jugeant dans une déclaration écrite à l’AFP qu’il était « équilibré » puisqu’il « n’oppose pas les énergies, mais souligne leur complémentarité ». Il continuera de le faire s’il est réélu à la tête de l’entreprise, son mandat arrivant à son terme en novembre 2014.

Dans les faits, EDF continue de développer la filière éolienne (terrestre et en mer), en France comme à l’international. Jeudi 28 août, elle a d’ailleurs officiellement annoncé la mise en service de trois parcs éoliens d’une puissance totale de 34,7 mégawatts dans la région Languedoc Roussillon. À l’international, cette filière représente déjà 87 % de son activité.

Une mobilisation générale pour des centaines de milliers d’emplois supplémentaires

Ce n’est pas uniquement à l’échelle d’EDF que la mutation doit s’engager. La transition énergétique exige de la part des particuliers et des entreprises le changement de nos modes de consommation vers davantage de sobriété et d’efficacité. Autrement dit, cela ne va pas sans le développement des énergies décarbonées que sont les énergies renouvelables et dont la France dispose en abondance. Cela ne va pas non plus sans la rénovation des bâtiments, la production de matériaux ou encore l’intelligence des réseaux. Autant de chantiers qui nécessitent de la main-d’œuvre.

Une étude du CirED-Cnrs1 analysant le contenu du scénario NégaWatt en emplois directs et indirects a estimé précisément pour chaque secteur les créations et les suppressions d’emplois. Ses conclusions sont plus qu’encourageantes étant donné que d’ici à 2030 la transition telle qu’elle est proposée est susceptible de produire 632 000 emplois de plus que si la France persévérait dans sa politique énergétique actuelle. Les emplois créés dans la production, le transport et la distribution d’énergie seront plus nombreux que les emplois détruits.

Mieux encore, une autre étude réalisée par l’OFCE (Office Français des Conjonctures Économiques) et l’ADEME, bien que basant ses calculs sur une méthodologie différente, aboutit à une estimation confirmant la première. Elle conclut en effet à 745 000 emplois en 2050 avec le scénario négaWatt, et même à 825 000 avec le scénario « média » de l’ADEME.

Outre la baisse du chômage, cette étude anticipe une forte réduction de la dette publique et une balance commerciale sortant du rouge avant 2050. En outre, les ménages verraient considérablement réduire leur facture énergétique et pourraient profiter d’un revenu brut disponible supérieur. Tout ceci donne plutôt envie d’accélérer le mouvement, à l’échelle individuelle et collective.

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